Passer au contenu principal

Cheikh Tahar Badaoui – الشيخ الطاهر بدوي

| ALG GMT+1

نفع الخلق والدفاع عن الحق بالحق

Événement

la glorieuse révolution de novembre à la lumière du coran et de la tradition prophétique/ par le professeur Mohamed Salah seddik (livre traduit de l’arabe)

Quand Allah uni les cœurs.

« Il a uni leurs cœurs (par la foi). Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre, tu n’aurais pu unir leurs cœurs ; mais c’est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage.» AL-ANFAL (LE BUTIN). 63.

Dieu a uni les cœurs des gens d’El Aous et d’El Khazradj et les a rassemblés, en dépit de l’esprit tribal qui était fortement ancré en eux. L’un d’eux pouvait aller en guerre pour avoir reçu une gifle. Ils étaient connus pour leur fureur parmi les arabes et aucun de ceux qui les ont connus dans cet état n’aurait pu croire qu’ils s’uniraient, qu’il y aurait entre eux une affection ou une entraide mutuelle un jour. Mais Dieu, que rien ne peut réduire à l’impuissance dans les cieux et sur terre, a uni les visions ainsi que les cœurs et les ennemis qui avaient de l’aversion les uns envers les autres, sont devenus des amis qui se secourent mutuellement et défendent les uns les autres. Cette union divine que nul ne peut rompre, c’est aussi ce qui est arrivé entre les mouhadjirine (exilés) et les ansars (supporters). La chose fut telle, que l’un des ansars répudiait sa seconde épouse pour que l’exilé se marie avec elle. Ce qui nous rappelle les cœurs des algériens, au début de novembre 1954, Que Dieu a unifiés. Ces cœurs entre lesquels la France semait la discorde dans sa logique du «diviser pour mieux régner.» Il faut savoir que quand un français croisait un arabe, un kabyle, un chaoui, un mozabite ou un touareg, il essayait toujours de le convaincre qu’il était l’habitant d’origine de l’Algérie et que les autres étaient des intrus.

Cette stratégie, même si elle n’a pas réussi comme le voulaient les occupants, en raison de l’activité des écoles coraniques, des zaouïas, et de certaines associations qui exhortaient à la conscience nationale et à l’unité, comme ce fut le cas pour le mouvement réformiste initié par l’association des oulémas musulmans algériens, elle a pu déposer ses mauvais germes dans le sein de certains. Ce n’est qu’avec l’avènement de la révolution bénie qu’un terme a été mis à ces vils effets de la colonisation.

Dieu a rassemblé tous les enfants de l’Algérie et a fait d’eux des frères qui s’entraidaient dans le bien et la piété. Leur unique souci était de combattre l’ennemi, qui les a soumis ainsi que leur terre pendant un siècle et un quart de siècle. Leur objectif était de se libérer de cette hégémonie et rallier la voie des hommes libres. Les choses furent telles, que l’un d’eux préférait autrui à lui-même, s’il était dans le besoin. Des positions émouvantes qui suscitaient l’admiration.

Un retour selon ce que recélaient les cœurs.

« Si Allahsait qu’il y a quelque bien dans vos cœurs, Il vous donnera mieux quece qui vous a été pris et vous pardonnera. Allah est Pardonneur etMiséricordieux.» AL-ANFAL (LE BUTIN). 70.

Ce verset à des causes de révélation qui lui donnent son interprétation initiale, mais le sens qu’il exprime peut s’appliquer aux combattants de la révolution de novembre. Dieu a donné la victoire à ces héros sur leurs ennemis, avec tout l’écart qu’il y avait entre les deux armées en nombre et en matériel, pour ce qu’Il savait du bien dont leurs cœurs étaient porteurs.

L’ennemi disposait du sol algérien, de sa mer et de son espace aérien. Les moudjahidine n’avaient rien de tout cela. Quand ils se déplaçaient, ils devaient le faire avec précaution et discrètement. Leur armement était rudimentaire et leur nombre restreint, éparpillés en groupes à travers les différentes parties de l’Algérie. Ils se déplaçaient à pied et devaient, parfois, traverser des rivières alors ils se mouillaient. Il arrivait qu’ils arrivent au lieu d’une bataille exténués et rompus, mais avec cela ils vainquaient les soldats français d’une manière admirable. Ces mêmes soldats qui se comptaient par milliers, qui étaient motorisés et qui arrivaient à la bataille en possession de tous leurs moyens.

Ces victoires des moudjahidines ne sont dues qu’à ce que Dieu savait du bien que renfermaient leurs cœurs pour leur pays, de l’obéissance d’Allah dont ils étaient porteurs, de l’éveil et de la vertu qu’ils propageaient et du fait qu’ils bâtissaient la gloire et écrivaient l’histoire.

« Si Allah sait qu’il y a quelque bien dans vos cœurs, Il vous donnera mieux.» Qu’est-ce qui s’opposerait à ce que l’on généralise ce principe ?

Quand Dieu connait la prédisposition d’un être au bien, Il facilite sa voie, le guide vers lui et l’assiste afin qu’il l’accomplisse.

Jusqu’à ce qu’ils modifient ce qui est en eux-mêmes.

« En vérité, Allah nemodifie point l’état d’un peuple, tant que les [individus qui lecomposent] ne modifient pas ce que est en eux-mêmes. »

Nous avons écrit tout un livre au sujet de ce verset et nous l’avons édité il y a trois ans. Il signifie, de manière succincte, que Dieu ne change rien du bien-être dans lequel se trouverait un peuple, jusqu’à ce qu’ils altèrent eux-mêmes leur situation par leurs fautes. L’exégète, feu Tantawi Jawhari, a dit: «Il est clair qu’à l’inverse, une nation ne peut aller de la corruption vers la réforme que par l’éducation qui se généralise dans toute la nation.»

Une nation ne peut connaitre le bonheur que lorsque l’idée de réforme se répand en elle et qu’elle se retrouve dans un système éthique global. En Algérie, la réforme, au sein du peuple, a commencé avec la révolution de novembre. La révolution ne s’intéressait pas à la lutte armée uniquement. Elle s’intéressait à tout ce qui pouvait promouvoir l’intellect et le comportement. Quand elle a pris fin par la victoire, le peuple algérien avait mûri intellectuellement, socialement et sur le plan comportemental. Il devenait avec cela, apte à la liberté et l’indépendance. Qui connait l’Islam sait que c’est la religion de l’optimisme qui favorise l’action. Quand l’homme est optimiste et qu’il avec cela positif, son cœur s’illumine et son intellect se revigore. Il est éveillé en continu, investissant son temps à bâtir et à écrire l’histoire.

C’est ainsi que la glorieuse révolution a appris aux enfants du peuple algérien comment s’ouvrir sur le futur et comment passer de la nuit à une aube nouvelle. Elle leur a appris comment être prêts pour une nouvelle ère, pour la liberté dont ils ont été privés pendant plus d’un siècle.

Puis quand le soleil de cette liberté s’est levé sur le peuple algérien, il était là avec sa volonté et son optimisme, avec sa perspicacité et son expérimentation des différents modes de vie, imprégné de foi et de patience, prêt pour une nouvelle vie, la vie de la liberté et de l’indépendance. Il n’y avait pas de dissension, d’agitation ou de régression.

Une troupe peu nombreuse l’emporte sur un grand nombre.

« 65. ô Prophète, incite les croyants au combat. S’il se trouve parmivous vingt endurants, ils vaincront deux cents ; et s’il s’en trouve cent,ils vaincront mille mécréants, car ce sont vraiment des gens qui necomprennent pas.66. Maintenant, Allah a allégé votre tâche, sachant qu’il y a de lafaiblesse en vous. S’il y a cent endurants parmi vous, ils vaincront deuxcents ; et s’il y en a mille, ils vaincront deux mille, par la grâce d’Allah.Et Allah est avec les endurants.» AL-ANFAL (LE BUTIN). 65 – 66.

A différentes périodes de ma vie, je me suis interrogé, avec étonnement, comment vingt moudjahidines peuvent-ils vaincre deux-cent ou cent de leurs ennemis, ou bien cent parmi eux deux-cent de leurs ennemis, ou encore mille d’entre eux deux-mille de leurs ennemis ? Puis quand j’ai terminé mes études et que j’ai commencé à écrire, cette phrase concise a attiré mon attention: «car ce sont vraiment des gens qui ne comprennent pas.» L’imam Errazi dit en commentant cette phrase: «Celui qui ne croit pas en Dieu et en la résurrection, le maximum pour lui, en termes de joie et de bonheur, réside dans ce bas monde. Quiconque porte cette conviction, la vie lui devient si précieuse qu’il ne peut la mettre en danger. Par contre, celui qui est convaincu qu’il n’y a pas de bonheur dans cette vie et que le bonheur ne se produira que dans la demeure dernière, il ne se soucie guère de la vie terrestre et ne lui accorde aucun intérêt. Il va au combat avec un cœur raffermi et une volonté solide.

Quand la guerre de libération s’est déclenchée et que Dieu m’a aidé à y prendre part, dans le champ de bataille en premier lieu puis sur le plan politique, j’ai vu cette vérité se concrétiser, jour après jour, au sein des bataillons des moudjahidines. J’ai vu une vingtaine vaincre deux-cent, une centaine vaincre mille soldats français. Puis c’est devenu quelque chose d’habituel, qui ne suscitait ni interrogation, ni étonnement.

La raison réside dans ce qui a décrété par le verset, ils (les mécréants) croient qu’il n’y a de bonheur que dans ce monde. Donc quiconque la rate ici-bas, ne peut l’avoir dans un autre monde. A partir de là, ils font preuve d’économie quant à mettre leurs vies en danger. A l’inverse, le croyant qui croit avec conviction que son bonheur réside dans la vie dernière, surtout s’il tombe en martyr, il avance sans réticence et sourit à la mort comme on sourit à sa mariée. Nous avons assisté à ce sujet à des scènes qui forcent l’admiration. Parmi les héros de la révolution de novembre, il s’en est trouvé qui, quand il se préparait pour une bataille, disait à ses camarades: «Quiconque veut transmettre un message à un proche dans l’autre monde, je pars aujourd’hui vers la vie dernière.» Il disait cela dans la quiétude et la sérénité. Parfois même dans la joie et la bonne humeur.

Il y a, à côté de cela, une autre raison qui faisait qu’un croyant devienne dix personnes ou plus, les affrontent et l’emporte sur eux ; l’oppression, la tyranie et l’injustice de l’occupant pervers. Quand le combattant algérien se préparait à affronter l’ennemi dans une bataille, ce sont toutes ces images horribles des crimes de la colonisation en Algérie qui refont surface. Des scènes on ne peut plus horribles, de ce que la colonisation a fait subir à sa famille, ses proches ou ses voisins, lui reviennent en mémoire. Il se produit en lui une explosion de haine et d’animosité qui le transforme en dix hommes ou plus. Il avance, donc, avec force fermeté. Voici ce que suggère «car ce sont vraiment des gens qui necomprennent pas. »

Le lecteur doit méditer cette disparité quand il sait que le combattant algérien était modeste dans son armement, ses habits et sa nourriture. Il n’a pas fait l’école de guerre comme le soldat français, qui se distinguait de lui en toute chose. Dans son armement, ses vêtements, son instruction et sa nourriture. Mais avec cet énorme écart, la victoire était souvent du côté du modeste moudjahid. Parce qu’il était plus fort si l’on prend en considération un critère très important: Son devenir. C’est aussi en raison de cet écart en termes de critères qu’il y a eu la victoire en définitive, que la terre a été purifiée de l’odieux colonisateur, et qu’elle revenue à Muhammad PBSL et aux partisans de Muhammad. Comme l’entonne le chant qui dit: «Ô Muhammad félicitation ! L’Algérie est revenue à toi. »

La victoire vient de Dieu Seul.

« Si Allah vous donne Son secours, nul ne peut vous vaincre.S’Il vous abandonne, qui donc après Lui vous donnera secours ? C’est Allah que les croyants doivent faire confiance.» AL-IMRAN (LA FAMILLE D’IMRAN). 160.

Dieu a accordé la victoire aux musulmans le jour de Badr en raison de l’obéissance qu’ils Lui témoignaient. Quiconque est secouru par Dieu, nul ne peut le couvrir d’ignominie. Quant à celui que Dieu a abandonné, nul ne peut le secourir. Le verset décrète que quiconque veut la victoire contre son ennemi, doit craindre Dieu, lui obéir, compter sur Lui, solliciter Son aide et Son soutien et agir suite à une planification rigoureuse et clairvoyance.

Ainsi étaient les combattants de la guerre de libération, ils faisaient triompher la cause d’Allah en Lui obéissant. Ils étaient à cheval en ce qui concerne l’accomplissement de prière et faisaient leur possible pour être conformes à Ses limites. Parmi les belles séquences qui me viennent en mémoire, à chaque fois que je me remémore la période de la révolution, ce sont ces rangs des moudjahidines en train d’accomplir la prière. Chacun déposait son arme devant lui, dirigés vers la qibla, les âmes connectées à Dieu.

Quand on les voit tournés vers la Mecque, faisant face à la mort à tout instant, on sent du plus profond de son être que leurs âmes sont dans un voyage vers le royaume des anges (dignitaires suprêmes), voulant la victoire sur leurs ennemis. Ils étaient sans nul doute déjà vainqueurs avec cette connexion spirituelle et ce qui l’accompagnait comme force (venant de Dieu), sans oublier toutes les dispositions prises pour assurer cette victoire. Ceci, parce que quand l’homme compte sur Dieu et ne prend pas ses dispositions, il ne peut récolter que le chagrin et le regret lorsqu’il rate son objectif. De même lorsqu’il prend ses dispositions et ne compte pas sur Dieu il peut être sujet à la déception.

Les moudjahidines étaient tellement attachés à Dieu le Très Haut que certains parmi eux portaient avec eux une partie du Coran ou un Coran entier. Ou d’autres qui s’étaient fixé une récitation quotidienne du Coran. Je me souviens, en parlant de cela, qu’un moudjahid s’était caché dans une grotte et avait posé sa mitraillette, en direction de l’ennemi, dans une ouverture qui s’y trouvait. A chaque fois qu’il tirait, il atteignait sa cible. L’officier français qui dirigeait la bataille ordonna qu’on bombarde la grotte et alors les armes se sont tus.

Le soir, à la fin de la bataille, l’officier français, accompagné de deux soldats et d’un traitre algérien, sont montés vers la grotte. Ils y trouvèrent un vieil homme avoisinant la soixantaine. L’officier se mit à genoux, alors que les deux soldats et le traitre le regardaient, il mit sa main dans la capuche de la kachabia et sortit un demi oignon, un bout de kesra dure et un Coran. Après avoir contemplé le Coran il se tourna vers le tyraitre et lui dit: «Est-ce un Coran ?» Lorsque le traitre eut répondu par l’affirmative l’officier dit: «Une armée qui se contente de ça comme nourriture, en montrant le bout de pain dur et le demi oignon, et qui dans cet état spirituel, en mo,trant le Coran, rien ne peut le vaincre.» Le traitre a tellement été marqué par ce qu’il avait vu, qu’il a fini par rejoindre ses frères au maquis et c’est lui qui a rapporté cette anécdote.

Conclusion, Quand la foi en Dieu du croyant est forte et que Dieu l’accompagne dans ses faits et gestes, il reste digne, motivé et endurant. Dieu dit à cet effet: «Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants.»2

Ainsi était le combattant algérien. Il ne pouvait demeurer trois mois dans le djihad sans aller du négatif au positif, de la faiblesse à la force, d’une vision superficielle des choses à une réflexion pénétrante et d’une foi faible à une foi parfaite.

Ceci, parce que la révolution était une école qui semait en lui les hautes valeurs, le bon raisonnement et le comportement exemplaire.

L’autorisation de combattre.

« 39. Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de sedéfendre) – parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certesCapable de les secourir -40. ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, – contre toutejustice, simplement parce qu’ils disaient: “Allah est notre Seigneur”. -Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitagesseraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquéesoù le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceuxqui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant,41. Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre,accomplissent la Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le convenable etinterdisent le blâmable. Cependant, l’issue finale de toute choseappartient à Allah.» AL-HAJJ (LE PÈLERINAGE). 39 – 41.

Trois enseignements se dégagent de manière claire de ces versets :

Premièrement: L’autorisation de combattre pour les croyant qui ont subi une injustice. Dans ce cas, Dieu a promis la victoire et la puissance.

Deuxièmement: Dans ces versets il y a une bonne annonce aux croyants qu’ils auront le dessus sur les mécréants et l’injustice de ces derniers à leur encontre cessera.

Troisièmement: L’autorisation au combat est due au fait qu’ils aient été chassés de leurs demeures injustement, simplement parce ce qu’ils ont cru en leur Seigneur, se sont guidés par Sa guidance et se sont conformés à Sa voie.

Quatrièmement: Le verset indique que Dieu, dans Son infinie justice, préserve Sa religion et ses adeptes.

Cinquièmement: Dans le verset sont mentionnés des lieux de culte: Les ermitages pour les moines, les églises pour les chrétiens, les synagogues pour les juifs et les mosquées pour les musulmans.

Sixièmement: Dieu a promis à Ses serviteurs le victoire et le puissance s’ils supportent Sa religion et Son Prophète, et s’ils sont sur leur voie au niveau de la foi et de la pratique.

Septièmement: Les versets indiquent que c’est à Dieu Seul qu’appartient le dénouement de toute chose et que rien ne peut s’opposer à Son décret.

L’imam Abdelhamid Ibn Badis a disserté admirablement, dans son exégèse, de ces versets et d’une manière qui répond à plusieurs questions, en voici le texte: «Quand les musulmans étaient des gens de foi, de vérité, reconnaissants les bienfaits de Dieu et dignes de foi, Il a pris leur défense. D’ailleurs l’histoire en témoigne. Mais quand ils ont trahi et se sont retournés, Il les a délaissés et leur a ôté la puissance. Cela dit, dans son immense miséricorde et Son infinie justice, Il n’a pas oublié leur appartenance à l’Islam. Il leur a, donc, préservé leur existence, sauf qu’ils étaient à la portée des autres nations, ne pouvant se défendre contre elles. Il leur a laissé, aussi, leur présence spirituelle avec Son Livre qu’ils récitaient, malgré le fait qu’ils ne le méditaient pas et qu’ils l’aient délaissé. Tout cela pour qu’ils reviennent à Lui. »3

A la lumière de ces versets, nous dirons au sujet de la révolution de novembre 1954, que le peuple algérien n’a débuté sa révolution qu’après avoir subi l’injustice de la France et que cette injustice se soit éternisée. Ses enfants ont été dépossédés de leur terre, ils ont été chassés de leurs demeures, privés des richesses de leur pays, traités comme des esclaves et on les a humiliés, exilés et emprisonnés. Puis quand la révolution pour l’indépendance s’est déclenchée, les enfants de ce peuple ont juré de poursuivre la lutte jusqu’à ce qu’ils recouvrent leur indépendance. Et quand Allah le Très Haut a vu qu’ils étaient dignes de la victoire, vu tous leurs sacrifices, leur engagement, leur patience face aux exigences du djihad, leur rectitude sur le sentier d’Allah, leur instauration de la justice au sein de la majorité du peuple lorsque les conditions le lui permettait. Quand Dieu a vu cela, il les gratifiés d’une victoire éclatant sur la France inique et ses forces tyranniques. Il leur a donné la puissance et ils sont revenus à leurs mosquées, accomplissant leurs prières, s’acquittant de leur aumône légale, ordonnant le convenable et interdisant le blâmable dans la limite du possible. Mais pour que perdure pour eux cette liberté ainsi que les bienfaits de Dieu, matériels et immatériels, dans lesquels ils baignent, il faudrait que leurs s’accordent sur l’adoration de Dieu, l’amour de la patrie et le travail continu afin d’atteindre la perfection, autant que faire se peut, sur cette terre.

A présent, nous allons citer ce que nous avons évoqué dans certains de nos ouvrages, édités anciennement, vu sa concordance avec les versets cités ; ce qui illustrera bien tout ce que nous venons d’avancer.

–      Des moments cruciaux avant le déclenchement de la révolution.

–      Le peuple algérien avant le 1er novembre 1954.

–      Comment a été déclenchée la révolution du 1er novembre 1954 ?

–      Les premiers moudjahidines et leur armement.

Après les évènements du 8 mai 1945, le peuple algérien a bien pris conscience que la seule voie qu’il devait emprunter, pour son autodétermination, était la lutte armée. Malgré ce que cela allait coûter comme sacrifices et ce que ça pouvait entrainer comme conséquences difficiles.

Des moments cruciaux avant le déclenchement de la révolution.

La situation politique de l’Algérie, avant la révolution de novembre, était très critique. Aucune personne sensée n’aurait pu imaginer que la révolution puisse avoir lieu dans ces conditions. Et pour que le lecteur puisse avoir une idée précise de cette situation, laissons l’un des piliers de la politique en Algérie et l’un des grands militants, feu KrimBelkacem, nous la dresser, dans un article paru dans «El Mouodjahid », l’organe de presse du Front de Libération Nationale, à l’occasion du cinquième anniversaire de. En raison du déclenchement de la révolution. L’article étant relativement long, nous nous contenterons de certains passages.

Il dit – paix à son âme – après avoir évoqué la fraude électorale de 1948 et de l’incapacité des leaders qui parlaient au nom du peuple algérien de sortir la pays de la crise qu’elle connaissait: «Les partis politiques d’avant 1954, au lieu d’ouvrir de nouvelles perspectives devant le peuple algérien et de le guider vers la lutte, sont restés – bien au contraire – sous la psychose des évènements du 8 mai 1945, paralysée de toute action, se contentant de leur inertie. Là, les dépasser et se passer d’eux devenait inévitable. L’échec des institutions politiques d’un autre côté aurait pu donner lieu à un rassemblement national où se regrouperait les forces vives du peuple.

Ainsi se sont émancipés se sont émancipés les potentialités de l’action dans des conditions particulières. La crise du mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, cette organisation qui a réuni le plus grande partie des forces révolutionnaires, a été à la base de l »émancipation de ces potentialités. Puis quand les anciennes formations politiques n’ont pas pu comprendre le but profond de ce fait, le début de la révolution s’est fait loin d’elles et même malgré elles.

Le conflit interne du mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, entre le comité central et Messali, aux débuts de 1954, a rendu aux militants leur liberté. Les militants qui s’étaient retirés auparavant dans les montagnes ont pris conscience de la réalité de la crise et l’ont réellement comprise. Ils étaient tous des anciens membres de l’organisation spéciale et ont vite compris ce qu’ils pouvaient tirer de cette situation nouvelle. Il s’est, donc, formé des groupes à Alger et Constantine et vingt-deux d’entre eux ont été refusés, parmi eux deux actuels ministres: Ben Tobal et Boussouf, chacun appartenant à l’une des deux parties en conflit. Les membres de ce groupe ont émis un appel aux militants de cesser les querelles entre eux et les ont appelés à la lutte armée contre l’occupant. Ils ont, aussi, désigné le frère Boudiaf pour représenter leur région sur le plan national.

Au même moment, il y avait dans la région kabyle vingt-trois personnes parmi les organisateurs de «Qasmates» qui se sont réunis et ont accepté l’ordre appelant à la lutte armée. Il y avait à leur tête Krim Belkacem dont le l’adjoint étaient le frère Ouamrane. Les contacts entre les partisans de la lutte armée s’est fait au mois d’octobre à Alger. Six presonnes ont assisté à cette réunion: Ben Boullaid, Didouche, Ben Mhidi, Bitat, Boudiaf et Krim.

Et c’est ainsi qu’est né le CRUA (le Comité révolutionnaire d’unité et d’action) qui a pris repidement en charge la résponsabilité historique d’organiser, de débuter et de coordonner l’action armée. Cette lutte qui s’est transformée chez le peuple algérien en révolution profonde. La révolution avait à peine commencé que le CRUA avait chargé le frère Boudiaf de rejoindre, à l’étranger, les frères Ben Bella, Ait Ahmed et Khider qui étaient en contact avec le comité ; ceci, pour leur transmettre les décisions prises. Ces trois personnalités, par leur activisme à l’étranger, avaient captè l’attention de l’opinion publique internationale, en ce qui concernait la question algérienne. Ils avaient posé les fondements de l’internationalisation de la question algérienne. Leur activité en Orient reposait sur l’aide des pays arabes à notre combat.

Le 10 octobre, le CRUA prit en charge les travaux de recherche, liaison et préparation des organes de la révolution, pour les mois de juillet, aout et septembre 1954, sur l’ensemble des régions du pays. Leur force s’élevait à 3000 hommes et au jour du 10 octobre il a été décidé, dans le plus grand secret, que l’action débuterait le 1er novembre 1954, à une heure du matin. Il a été décidé, aussi, le même jour que l’appellation politique de ce mouvement révolutionaire, qui allait avoir entre ses mains la destiné du pays, serait le «Front Algérien de Libération Nationale» et il allait réunir toutes les forces révolutionaires du pays.

Dix jours plus tard, une réunion s’est tenue où pour organiser le commandement, qui s’est distribué comme suit: Didouche Mourad a été désigné comme chef du nord constantinois, Ben Boulaid aux Aurès, Bitat à Alger, Ben Mhidi à Oran et Krim Belkacem dans la Kabylie.

Toujours au mois d’octobre 1954, les membres du comité se sont séparés avec l’intention de se réunir en janvier 1955. Le 1er novembre 1954 et à une heure du matin, comme cela a été prévu, la véritable Algérie a vu le jour. Une Algérie aui avait réfléchi à sa dignité, à son identité, à ses convictions et à son intégrité physique.

Telle était la situation en Algérie avant le déclenchement de la révolution et c’est ainsi que s’est planifié le 1er novembre sur tous les plans. Cette période que le militant Krim Belkacem – paix à son âme – a été source de bien des polémiques qui laiseraient le lecteur perplexe, ne sachant démeler le vrai du fau. Pour remettre cette période dans un cadre plus juste, nous aimerions citer quelques passages du communiqué de ce militant mêmes s’ils sont longs.

Le peuple algérien avant 1954 :

Il est très important, aussi, que le lecteur connaisse la situation du peuple algérien avant le déclenchement de la guerre de libération du 1er novembre 1954.

Nous commencerons par dire que le peuple algérien, avant le début de la révolution de novembre, pensait que sa délivrance du colonialisme français relevait du miracle divin. Ce n’était pas une question de lutte et de sacrifice. Ce qui a enracené cette idée en lui c’était le fait que l’autorité coloniale domainait tout dans le pays et qu’elle dirigeait tout d’une main de maitre. Tout ce qui définissait l’Algérie comme attributs, patrimoine et frontières était entre les mains de la France, elle en disposait comme disposerait un propriétaire de sa propriété. S’ajoute à cela la désunion horrible dans laquelle se trouvaient toutes les couches de la société. Il n’y avait pas de cadre pouvant réunir toutes ces parties. Chacun était dans son isolement et sa vision. Chacun dans ses soucis et sa crise. Et on ne trouve pas plus juste représentation du peuple algérie en ctte période, ni plus juste déscription de son état, qu’un article publié par « El Moudjahid »sous le titre de: «Une révolution a créé un peuple », pour célébrer le (ème anniversaire de la révolution. L’article a évoqué la grandeur de la révolution et le fait qu’elle ait fusionné toutes les composantes de la population algérienne dans un même creuset, qui est celui de la révolution. Voici quelques paragraphes de l’article en question: «L’administration française a eu le temps suffisant pour venir à bout de la cohésion qui soudait les enfants de la même nation, par les liens de la connaissance mutuelle, de la cohaboiotaion au quotidien. La migration du grand nombre de nos enfants qui travaillent en France n’est qu’une forme de cet isollement dans lequel se trouvent les fils de l’Algérie, les uns par rapport aux autres, en raison des possibilités qui leur restaient pour de meilleurs conditions de vies.

En plus de cette disloquation interne, matérielle et sociale, que la politique française a pu réaliser en Algérie, nous trouvons une autre disloquation qui est morale et spirituelle :

–    La femme algérienne, qui s’est retrouvée dans l’obligation de vivre en divers endroit avec la société intrue constituée par la colonisation française en Algérie, n’a pas trouvé, à côté de cela, une école nationale qui rattache sa psyché à son ancienne civilisation.

–    Il en est de même pour la jeunesse algérienne qui vit la même crise spirituelle et qui ne trouve pas, dans sa vie culturelle, sociale ou politique, ce qui pourrait lier ses tendances nationalistes à la vie réelle qu’elle vit.

–    L’enfant algérien qui mène une vie d’érrance et qui ne trouve, dans la rue, aucun des signes de l’identité de son pays ; il ne connait pas de drapeau national, ne voit pas d’uniforme officiel représentant la souverainté, ne connaissant pas de fête nationale et n’entend rien au sujet de ces aieux alors qu’il est sur le banc de l’école.

–    L’algérien instruit qui est dans l’administration française, voit que tout ce qui se trouve dans cette administration, ainsi que tous ses organes, ne bougent et ne fonctionnenet que pour l’intérêt de la communauté française, en exploitant les masses populaires des ses semblables.

–    L’agriculteur algérien qui ne se souvient avoir reçu aucune aide de l’autorité française contre les catastrophes naturelles. Rien en lui ne lui dit qu’il a un état qui le protège de la famine. Bien au contraire, la seule image qu’il a en tête c’est que cet état vienne le spolier et lui ôter sa subsistance, après qu’il ait travaillé dur pour l’avoir, année après année.

–    Le commerçant algérien, face auquel les portes des banques sont toujours fermées, sent, à chaque moment et à chaque mouvement, que son champ d’action est limité et dans une sphère asphyxiante, ne dépassant guère l’échange avec ses semblables parmi les citoyens, pour des produits morts et défavorisés.

–    L’algérien, en résumé, qui a passé plus d’un siècle au plus bas, dans l’humiliation et l’asphyxie morale et matérielle, qui porte le poids de longs siècle d’asservissement, d’himiliation, de pauvreté, d’isolement et de misère.

–    Cet algérien déchiré, errant dans dédales de l’histoire, a perdu son âme et a oublié ses mœurs, son identité et les signes de son appartenance ethnique. Il ne croit plus en lui-même, n’a pas confiance en lui »même et ne peut s’imaginer de la vie que ce qu’il pris l’habitude de voir, dans le cadre de tous ces maux.

Avec tous ces maux, cités par le journal «El Moudjahid », et les maladies chroniques qui se sont installées dans le peuple algérien et l’ont maintenu à terre et l’ont retenu en arrière jusqu’à ce qu’il ne puisse plus avancer, il y a une chose dans le peuple algérien qui est réstée sur sa nature originale et qui a gardé sa force, sa netteté, sa splendeur et que la colonisation française, avec tous ses ébranlements n’a pas pu corrompre ou polluer ; il s’agit de la personnalité algérienne, face à laquelle se sont brisées toutes les manœuvres de la colonisation et ses tentatives pour l’effacer ou la changer.

La colonisation française pensait en avor anéanti le peuple algérien après un siècle et un quart de siècle de persécussions, d’arbitraire et de privations. Mais ses enfants libres et ceux qui ont étudié sa personnalité, ce qui fait son authenticité ainsi que sa gloire historique savaient que ce peuple, affaibli par les maladies et les crises avait juste besoin àd’un stimulant pour le réveiller et de guides consciencieux pour inssuffler en lui l’éveil et le pousser vers le haut, quelqu’en étaient les obstacles et les difficultés. Une fois sur la voie ascendante, il allait se revigorer et prendre conscience que ses muscles étaient sains capables de guider ses pas vers le haut.

Et c’est effectivement ce qui s’est produit. L’heure du 1er novembre avait à peine sonné, annonçant le début de la révolution bénie, que le peuple algériens’est soulevé et a senti, pour la première fois de son histoire moderne, qu’il mettait les pieds sur la voie droite. La voie de l’expression pratique de sa volonté, par le seul moyen juste qui lui restait. La voie de la révolution. Depuis cet instant, les potentialités de ce peuple n’ont céssé de se rassembler et de s’unir, pour faire face à la tempête, comme un géant. La maturité révolutionnaire s’est accentué chez les gens et chaque algérien se sentait responsable vis-à-vis de cette révolution et qu’il était de son devoir révolutionnaire de jouer un rôle, de croire en l’Algérie, de la ressentir du plus profond de son être et de la défendre jusqu’au bout ; alors qu’il n’était pas animé de ce sentiment nationaliste avant la révolution. Avant, il savait qu’il faisait partie de telle tribu ou de telle famille, sans plus ni moins. La révolution algérienne l’a reconstruit et a insuffler en lui une nouvelle vie et un nouvelle conscience.

A ce sujet, nous remarquons que la révolution algérienne a concrétisé deux choses très importantes: La première est qu’elle a mis à nu le monde entier aux algériens. La seconde est qu’elle a dévoilé l’Algérie au grand monde. La démonstration, avec plus de détail, nous la laisserons au journal «El Moudjahid» qui dit: «Le peuple ne connaissait du monde que la France. Même qu’il ne connaissait de la France que la casquette du gendarme et les géoles de la police. Le peuple ne connaissait pas la Tunisie ou le Maroc, sans parler du monde arabe dans sa globalité. Le peuple, j’entends par là les grandes masses, ne savait pas qu’il y avait des pays arabes indépendants ou plutôt ne concevait pas cela.

La révolution a abattu ces frontières extérieures qui isolait le peuple algérien des peuples frères, tout comme elle abattu les frontières intérieures qui les enfants du pays les uns des autres. Nos populations ont pu se frotter aux population tunisiennes, marocaines, lybiennes et même égyptiennes et syriennes.

La France avait dressé autour de l’Algérie un mur en fer. Le monde ne connaissait rien d’elle, si ce n’est ce que la France autorisait, et le monde voyait l’Algérie comme une partie de la France, parce que les leaders français n’ont pas céssé, depuis le début de la colonisation, de répéter cela et de le souligner. Puis quand la révolution de novembre a été déclenchée ce mur épais s’est brisé et l’Algérie s’est dévoilée au monde entier qui la voyait, désormais, sous sa véritable image, avec sa réalité, sa personnalité et son rang, non comme une partie de la France comme le prétendaient les gens du monsonge.

Comment a débuté la révolution de novembre 1954?

L’heure venait à peine d’indiquer une heure du matin du 1er novembre 1954, que les moudjahidines, au no,bre de 3000, étaient déjà dispersés sur trente-huit points du pays. Des frontières ouest aux frontières est. Leur mission exécuter diverses opérations qu’on leur avaient commandées. C’est ainsi qu’est née la guerre de libération qui a mis un terme à cette comédie de «l’Algérie française », que la France avait joué pendant plus d’un siècle.

La révolution n’a cessé, après cela, de faire son chamin jusqu’au bout. Il ne se passait pas un jour sans qu’elle ne prenne de l’ampleur, qu’elle ne se fortifie, qu’elle ne gagne en efficacité, qu’elle ne réalise des victoires éclatante sur le plan militaire et politique. Elle était ainsi parce qu’elle avait trouvé le terreau idéal en le peuple, pour qu’elle puisse grandir et se développer. Quand on se remémore les débuts de la révolution avec des petits groupes de combattants, il y a de quoi s’étonner de son développement fulgurant et de sa rapide expansion. En fait, c’est la volonté du peuple, la justesse du principe, la maturité du peuple et l’héroïsme de l’armée.

Qualité des premiers moudjahidines et leur armement:

La nature révolutionnaire qui a déclenché la révolution de novembre et a allumé sa flamme ardente se constituait de trois-mimlle nationalistes environ. Il ont placé leur confiance dans des guides qui ont pris sur eux de déterminer l’avenir de l’Algérie.

Il s’agissait de différentes catégories: des jeunes, des adultes et des vieux. Certains portaient des jebbas, d’autres des kachabias et quelques uns des tenues militaires.

Quant aux armes, c’était des fusils de chasse, maintenues pour certaines avec du fil de fer, peu de mitraillettes et divers pistolets. Mais l’essentiel était le soldat qui portait l’arme et non l’arme elle-même.

Le bâton entre les mains d’un héros, convaincu de ses principes est une mitrailleuse. La mitrailleuse entre les mains d’une lâche hésitant est un bâton creux.

Ces héros, à l’aspect, à la personnalité et au comportement simple, étaient des géants dans leurs convictions, leur foi et leur amour pour leur patrie, ainsi que leur détermination à mourir pour leur dignité. C’est à eux que revient le grand mérite dans l’indépendance de l’Algérie.

Ces humbles moudjahidines que Lacoste a qualifié de «poignée de hors la loi, sans foi ni loi », ce sont eux qui se sont miltipliés, leurs attaques se sont variées, leur armes se sont diversifiées jusqu’à étouffer la plus grande des armées et provoquer en elle confusion et perturbation. Chaque jour il lui occasionnaient de lourdes pertes et à la fin la plus grande victoire de l’histoire.

Signalons qu’aux débuts de la révolution, l’approvisionnement de l’armée de libération en armes se faisait, essentiellement, par se qui se récupérait chez l’ennemi. A ce sujet, le grand militant, feu ABdelhafid Boussouf, disait:

« Aux débuts de la révolution, nous n’avions que des moyens très réduits, surtout à la willaya d’Oran où je me trouvais. Les principales armes étaient celles que nous prenions de l’ennemi. Je dois reconnaitre que l’ennemi nous a fourni plusieurs aides en ce sens. Un jour l’esprit du gouverneur français Lambert à accouché d’une idée géniale. Elle consistait à distribuer des armes sur les habitants afin qu’ils puissent se défendre seuls contre les révolutionnaires.» Boussouf poursuit et dit: «Les responsables locaux du Front de Libération Nationale nous ont demandé si nous voulions de ces armes ou non. J’ai émis mon approbation. Les autorités militaires françaises ont donné à chaque homme un fusil, une baïonnette et cent cartouches. De cette manière, nous nous sommes approvisionnés de 10000 fusils. »

Parmi les armes importantes que la révolution a récupéré de l’ennemi, les armes avec lesquelles Lacoste avait équipé l’armée de libération lors de l’opération «oiseau bleu », qui était, en fait, une conspiration des français visant à piéger la révolution, mais le Front de Libération a su retourner la situation à son avantage.

Cela dit, malgré le fait que l’armée de libération nationale grandissait jour après jour et que ses équipements militaires se développaient de temps à autres: Elle est passé de la guérilla à la guerre conventionnelle, s’engageant dans de grandes batailles impliquant les forces terrestres, aériennes et navales de l’ennemi, avec toutes leurs composantes infernales. Ces batailles pouvaientt durer plusieurs jours consécutifs, occasionnant à l’ennemi des pertes considérables. Malgré cela, une question persiste: Quel est le secret de cette force ? Le petit nombre des moudjahidines devient grand, leur faiblesse se transforme en puissance et leur ignorance en tactique de guerre en connaissance.

La disparité entre les deux forces était tellement visible qu’elle donnait la victoire aux forces françaises d’entrée de jeu. Il n’y avait pas de points de comparaison. Les français étaient issus des grandes écoles de guerre. Ils étaient bien entrainés sur différents types d’armes modernes. Ils avaient tous les moyens à leur disposition: Nourriture, habillement, transport… De plus, leur nombre dépassait le million de soldats ; à chaque fois que la mort engloutissait un bataillon, la France en envoyait d’autres. Sans oublier qu’il y avait l’Alliance Atlantique derrière qui soutenait avec les armes, la logistique et la finance. Le tout supporté par cinq-cent millions d’individus fanatiques.

Quant à l’armée de libération nationale, elle n’avait pas de formation préalable. Elle n’était pas entrainée au maniement de certaines armes. Elle ne disposait même pas des moyens de base. Le combattant algérien traversait de longues distances à la marche. Il pouvait s’écouler une journée ou deux sans qu’il trouve de quoi manger. Puis pour se qui est de se reposer, il dormait la plus part des temps à même le sol, enlaçant son armes dans ses bras. Avec tout cela, c’était toujours lui le vainqueur. C’était lui qui attaquait le plus souvent. C’était lui qui était le plus craint.

Qu’est-il advenu de cette armée écrasante et de sa puissance de feu ? La mort s’est emparée d’elle et les défaites l’ont frappée de tous les côtés. Quant au secret du la succès de notre armée sur l’une des armées les plus fortes au monde, il réside dans ces vérités énoncées par Dieu: «si vous faites triompher (la cause d’) Allah, Il vous fera triompher et raffermira vos pas. »4 «Si Allah vous donne Son secours, nul ne peut vous vaincre. »5 «S’il se trouve parmivous vingt endurants, ils vaincront deux cents. »6

Quiconque s’est nourri de cette force, qui demeure jusqu’à nos jours dans le djihad, le sacrifice et le martyr, depuis que Dieu a institué le djihad, n’accorde plus d’importance à sa vie et ne se soucie guère s’il tue ou s’il est tué. Ne l’importe que la victoire ou le martyr, à l’image de ce que dit le poète :

Je porterai mon âme sur la paume de ma main, et je la jeterai dans les abysses de la mort.

Soit une vie qui réjouit l’ami,

Ou bien une mort qui remplit de dépit l’ennemi.

Les combattants algériens, surtout les premiers, ont médité la révolution et l’ont comprise de manière juste et profonde. Ce qui a fait d’eux des gens à un degré élevé de maturité, de discernement et de citoyenneté authentique. Ils voyaient le futur avec confiance, détermination et grande volonté. Ils fusionnaient avec les objectifs de cette révolution grandiose et novatrice.