2°) Naissance du Prophète Mohammed, Salut Divin Sur Lui
C’est dans ce milieu que naquit Mohammed (qu’on écrit à tort Mahomet) Salut Divin Sur Lui, Sa noble généalogie remonte à Ismail fils d’Abraham, considéré comme l’ancêtre des Arabes El moustaâriba. Il est issu des uns et des autres par générations et sélections successives, ce qui a donné naissance enfin, au plus noble des familles de Qoraych et l’Elu du Très-Haut.
D’après Jabir Ibn ‘Abd Allah, que Dieu agrée leur âme, Le Prophète Salut Divin Sur Lui, dans une description de son rapport aux autres Prophètes, dit un jour, en guise de remerciement au Seigneur : « Ma venue par rapport aux Prophètes précédents, s’illustre par cet exemple : Un homme qui construit une maison et l’achève à la perfection, à l’exception de l’emplacement d’une brique. Puis, à chaque fois que quelqu’un y entre pour contempler cette maison, lui dit : « Belle est cette maison, si ce n’était cet emplacement laissé vide. Je suis donc aux Prophètes, ce qu’est cette brique à l’ensemble de l’édifice ».
De par sa lignée, le Prophète Salut Divin Sur Lui est Mohammed Ibn Abd Allah, Ibn Abdul Mutalib appelé aussi, Chaîbat El Hemd, Ibn Hachim, Ibn Abdou Manaf, appelé aussi Al Moughîra, Ibn Qouçay, appelé aussi Zayd, Ibn Kilab, Ibn Mourra, Ibn Ka’b, Ibn Lou’ay, Ibn Ghalib, Ibn Fihr, Ibn Malik, Ibn An-Nadhr, Ibn Moudrika, Ibn Ilyas, Ibn Moudhar, Ibn Nizar, Ibn Ma’d, Ibn ‘Adnan.
D’après tous les biographes, l’Arbre généalogique du Prophète, Salut Divin Sur Lui, est considéré incontestable jusqu’à cet aïeul appelé ‘Adnan. Au-delà, il y a divergences sur la détermination exacte des aïeux. Toutefois, il est certain qu’Adnan, descend de la progéniture du Prophète Ismaël, lequel est le fils du Patriarche Abraham.
Notre Seigneur le Très Miséricordieux a donc choisi Son Prophète Mohammed de la lignée la plus pure des descendants. Aucune des mauvaises mœurs de l’ère du paganisme n’est venue souiller cette noble lignée. Notre Prophète confirma cette noblesse par une allocution rapportée d’ailleurs par l’Imam Muslim (Savant du Hadith) que voici : « Parmi les descendants d’Ismaël, Dieu choisit Kinana, puis, (des descendants) de Kinana, Il choisit Qoraych, puis (des descendants) de Qoraych, Il choisit Hachim, puis des Banou Hachim, Il me choisit ».
Quant à Sa naissance, elle eut lieu à la Mecque, le lundi 12 du mois Rabi’Awel, de l’année dite de l’Eléphant, correspondant pour certains islamologues au 20 Août 570 ou, pour d’autres, au 1er Septembre de cette même année de l’ère chrétienne, c’est-à-dire de l’année où le tyran Abraha, al Ashram, mena son expédition, afin de détruire le Temple sacré de la Mecque, protection céleste signifiant à plus d’un titre que le Seigneur prépara par Son Intervention directe, quant à déraciner l’oppresseur, le Territoire de la Mecque pour accueillir le Sceau de Ses Messagers, dont la mission primordiale sera la promotion de l’homme et son bien être par rapport à son Créateur, à son environnement, à ses semblables et à soi-même.
En effet, le Prophète Mohammed Salut Divin Sur Lui, naquit orphelin. Sa mère l’a mis au monde par les mains d’une sage femme, mère de Abderrahmane fils de ‘Aouf, alors levant Ses yeux au Ciel, posant Ses deux mains sur la terre, sans que Sa mère n’ait enduré pendant Sa grossesse les maux dont souffrent naturellement les femmes enceintes, d’une propreté exemplaire, débarrassé par la Grâce divine, du cordon ombilical et des douleurs de la circoncision.
Sa mère était Amina, fille de Wahbe, fils de Abdul’Ouza, de la tribu de Zohra, et son père était Abdullah, fils de Abdul Mutalib, fils de hashim, fils de AbduManaf. Son père mourut pendant que le prophète était encore au sein de sa mère, que Dieu agrée leur âme et embellit leur demeure au Paradis.
La mère du Prophète raconte que, quand elle Le portait dans son sein, et qu’au bout de neuf mois, le temps de sa délivrance approchait, elle vit dans un songe, comme le rapporte le célèbre Tabari, dans sa « Chronique traditionnelle », un ange descendre du ciel qui lui dit : « celui que tu portes dans ton sein, est le plus grand de tous les hommes, et le plus noble de toutes les créatures. Quand tu en seras délivrée, donne lui le nom de Mohammed, et prononce ces mots : « j’ai recours pour lui au Dieu Unique, contre la mauvaise influence de tout envieux ». Elle fit part de ce songe à son grand père Abdul Mutalib. Ensuite, dans la nuit où notre Vénéré Prophète vint au monde, Sa mère regarda et vit qu’il jaillissait de Lui, une lumière rayonnant jusque vers la Syrie, et elle vit tous les palais de ce pays ; et la lumière sortant de Lui, rayonnait aussi, vers le Ciel et atteignait les étoiles.
Le lendemain, elle fit appeler Abdul Mutalib et lui raconta ce qu’elle avait vu. Abdul Mutalib donna à l’enfant le nom de Mohammed et pour lequel, il reporta l’affection qu’il avait pour son fils Abdullah. Et lorsqu’on posa à ce sage grand père, la question de savoir comment il eut l’ingénieuse idée de nommer ainsi son petit fils, il répondit avec assurance et espoir : « afin qu’il soit bien considéré aussi bien par les humains que les créatures célestes et qu’il bénéfice surtout de l’agrément du Seigneur ».
A signaler qu’à l’époque, ce nom n’était pas très courant chez les Arabes ; mais le destin en avait décidé ainsi et, notre Seigneur par Sa miséricorde consigna cette appellation vertueuse dans Ses Livres révélés, notamment la Thora et l’Evangile. D’autres événements surnaturels qui nécessitent de vastes développements, succédèrent le jour même, à la naissance du Prophète.
Une autre tradition rapporte qu’au moment de la naissance du prophète, toutes les idoles qui se trouvaient dans la ville de la Mecque et dans le Temple de la Ka’ba, furent renversées et tombèrent sur leur face ; le feu des mages de tous les pyrées, dans l’Arabie et dans la Perse, s’éteignit cette nuit là, et autres événements encore …
Cette naissance ne saurait être par conséquent dépourvue du caractère miraculeux, en dépit de ce que pensent certains intellectuels de souche occidentale ou de type orientaliste, eu égard aux évènements prodigieux qui se produirent, le jour même de cette noble naissance, depuis les visions lumineuses et angéliques de Sa mère, alors qu’il fût encore fœtus dans son ventre, jusqu’à la prospérité couvrant de son tapis verdoyant la nature entière, et mettant ainsi fin, aux années de disette et de sécheresse connues amèrement par toute la péninsule arabique.
Notre poète, chevalier de la rhétorique, l’Imam El-Busseyri, que Dieu agrée son âme fait état dans sa «Burda » ou la Panégyrique du Prophète, de ces événements, dont le déroulement simultané ne saurait nullement être le fruit du hasard, ou de simples coïncidences. Il dit en effet dans la partie inhérente à la nativité du Prophète, Salut Divin Sur Lui :
« Les circonstances même de Sa naissance témoignent de Sa haute ascendance. Quel glorieux début et quelle glorieuse fin (furent les siens) !
« Ce fût le jour où les Persans tirèrent comme présage l’annonce des malheurs et des châtiments qui allaient s’abattre sur eux.
« La nuit, le pavillon du Palais de Chosroês, fendu, préfigurant la dispersion de sa dynastie.
« Le feu éteignit sa flamme, par suite de ses regrets et, de tristesse, le fleuve oublia sa source.
«La cité de Sawa s’affligea de la perte de son lac et celui qui y venait étancher sa soif dut rebrousser chemin (fort) irrité.
« Ce fut comme si (de chagrin), le feu avait pris l’humidité de l’eau pour éteindre, et celle-ci, l’ardeur du feu pour s’évaporer.
« Les Djinn (créatures en feu) poussèrent des cris et les lumières brillèrent et la vérité se manifesta ainsi par signes et par paroles.
« Il était comme aveugles et sourds : l’annonce de la bonne nouvelle de la naissance du Prophète, ne fût pas entendue, pas plus que ne fut aperçu le signal lumineux de l’avertissement.
« Et ce après avoir été informés par leurs devins que leur tortueuse religion allait s’écrouler.
« Vu des flammes tomber à l’horizon, et leurs idoles par terre.
« Aussi bien les démons mis en déroute, s’éloignèrent-ils en vitesse, les uns derrière les autres de la voie de la Révélation.
« Dans leur fuite, ils ressemblaient aux guerriers d’Abraha ou encore à cette armée contre laquelle de Ses deux mains, le Prophète lança du gravier. (Allusion faite à la première bataille de Badr en l’an II de l’Hégire, sous l’égide du Prophète, Salut Divin Sur Lui, et soutenue par les Al-Ansar (citoyens de Médine) et Al-Muhajirûn (Mecquois émigrés à Médine), contre les Qurayshites, et soldée par l’éclatante victoire de l’Islam sur l’idolâtrie.)
« Jet effectué après glorification du Seigneur, et rappelant celui de Jonas s’élançant des entrailles du poisson qui l’avait englouti ».
Son grand père Abdul Mutalib le prit à sa charge et Lui assura selon la coutume arabe d’alors, une nourrice de la tribu de Sa’d ben Bakr. Cette nourrice est connue sous le nom de Halima Bent Abou Dhou’Ayb. Le pays de la tribu Sa’dite subissait une dure période de sécheresse, avant la prise en charge du bébé. Mais, dès que Halima lui donna son sein, la végétation repoussa et les troupeaux reprirent du poids, et la misère s’en alla à jamais.
3°) Ses Nourrices Salut Divin Sur Lui
Ses nourrices ont été huit et même plus, la première, sa mère : « Aminah », ensuite, ce fut : « Thouaibah Al-Aslamiah », la servante de Son Oncle « Abou-lahb » qui l’avait affranchi quand elle lui annonçait la bonne nouvelle de sa naissance, quelques jours avant l’arrivée de « Halima ». Et « Khawlah fille d’Al-Mounzet » et « Oum-Aymmane ». Et une autre femme « Sa’adiyah », autre que « Halima » et trois autres femmes des « Awatek ».
La plus importante de ses nourrices était « Halimah » fille de « Abi-Dhouyab Al-Sa’diyah ». Les Arabes avaient l’habitude, lorsque leurs femmes mettent au monde un enfant, de lui procurer une nourrice qui ne soit pas de leur tribu – espérant qu’il pourrait devenir plus fort et plus intelligent. A cette époque, il y avait des femmes de « Beni- Sa’ad » qui sont venues à la Mecque pour chercher des nourrissons parmi lesquelles figurait « Halima Al-Sa’diâ », et l’année était très stérile.
Chacune des femmes eut un nourrisson, exceptée « Halimah » qui avait quitté son pays avec son époux : « Al Harth fils de Abdul-Zyyah », elle avait un bébé que nourrissaient des femmes de « Beni Sa’ad » qui cherchaient, elles aussi, des nourrissons. Elle disait avec amertume : « l’année était stérile, elle ne nous a rien épargné ; alors, je suis partie montant sur une ânesse blanche, que je possédais, avec de vieilles chamelles, plus affamées que jamais. Nous ne pouvions pas dormir pendant la nuit à cause de notre bébé qui pleurait toujours, parce qu’il avait faim, alors que je n’avais rien dans mes mamelles pour l’allaiter, et rien chez les chamelles pour le nourrir. Cependant, nous avions grand espoir que le bon Dieu va nous secourir. Je me suis rendue, de ce long voyage, sur le dos de mon ânesse, et nous sommes arrivés enfin à la « Mecque », en quête des nourrissons. L’Emissaire de Dieu Salut Divin Sur Lui, fut proposé à toutes les femmes, lesquelles le refusèrent toutes, quand on leur disait qu’il était orphelin ; car, nous espérions la récompense du père du nourrisson, n’espérant rien de sa mère ni de son grand père, pensant qu’ils ne pouvaient rien nous donner. Toutes les femmes qui m’ont accompagnée ont pris des nourrissons, alors que j’ai dit à mon époux : « Par Dieu, je vais prendre cet orphelin ». Mon mari me répondit avec confiance : Tu accompliras une bonne action. Certainement, par cette action louable, au profit de cet orphelin, Dieu nous donnera sans tarder Sa bénédiction ».
« Je l’ai pris, rien que parce que je n’ai pas eu la chance d’en avoir un autre, et surtout pour sauver la face vis-à-vis de mes collègues nourrices. Lorsque je l’ai emporté sur mes bras il s’est attaché à mes mamelles et a tété et bu mon lait, Lui et son frère de lait. Mes deux bébés se sont désaltérés et endormis, tandis que, de nous tous, personne ne s’endormait auparavant. Mon mari en allant voir notre chamelle, il en constata une métamorphose d’une manière inouïe : bien portante et ses mamelles pleines de lait ».
« Après, nous avons passé une bonne nuit. Le matin, mon mari m’a dit : « Tu sais, Halimah, par Dieu, j’ai ressenti un bon augure ! » je lui ai dit : « par Dieu, je l’espère bien ! ». Ensuite je montai mon ânesse et nous fûmes partis, cœurs pleins d’allégresse, emportant le bébé avec nous, et devançâmes toutes mes compagnes qui me supplièrent de ralentir notre marche, lesquelles arrivèrent à conclure que le bébé orphelin, délaissé par toutes, abrite des mystères qu’on ne peut hélas comprendre ».
« A l’âge de deux ans, le bébé est devenu un garçon assez fort, nous l’avons ramené alors chez sa mère, espérant la convaincre à nous permettre de le garder encore parmi nous, pour profiter davantage de la bénédiction que sa présence nous a procurée. Sur notre insistance, sa noble mère Amina, nous permit de Le ramener une nouvelle fois chez nous ».
4°) Fente de la poitrine
Le séjour du noble garçon, bien chéri, chez les Béni-Sa’ad, fût marqué par un évènement qu’on ne saurait oublier à savoir : la fente de Sa poitrine. A ce sujet Halima nous raconte en disant : « Nous sommes rentrés chez nous, et par Dieu, après un mois, il était avec son frère de lait entrain de garder les moutons derrière nos tentes. Soudain, son frère, épris d’une peur envahissante, vint en courant nous trouver ; il nous informa de la scène vécue en disant : « mon frère le Kourachi a été enlevé par des hommes portant des habits tout blancs ; ils l’ont jeté ensuite par terre et fendu son ventre, puis, ils l’ont fouetté ».
« Nous fûmes précipités, mon mari et moi sur les lieux, où nous trouvâmes notre garçon de la Providence, alors tout pâle, de mauvaise mine. Je le pris entre mes bras en l’interrogeant : « qu’as-tu mon enfant ? » Il nous répondit aussitôt : « Trois hommes avec un bassin et une cuvette d’or, sont venus, m’ont ouvert le ventre, m’ont lavé les intestins dans ce bassin, puis ils les ont remis dans mon corps, me disant : Tu es né pur, maintenant Tu es encore plus pur. Ensuite l’un d’eux a plongé dans mon corps, en a arraché le cœur, l’a ouvert par le milieu et en a enlevé le sang noir, disant : « c’est la part de Satan, qui est dans tous les hommes, mais je l’ai enlevé de Ton sein. Ensuite, il m’a remis le cœur à sa place. L’un d’eux avait un anneau, avec lequel il m’a marqué ; et le troisième a plongé sa main dans mon corps, et tout a été remis en ordre ».
« Sur cet évènement incompréhensible, mon mari, fort soucieux, à l’égard du sort de Mohammed, me recommanda instamment, de le rendre à sa mère, laquelle apaisera mes craintes, plus tard, en me rassurant « qu’il s’agit d’un bébé, non comme les autres ; oui, d’un bébé dont la Grâce divine, me permit, alors que je l’emportai dans mon ventre, de contempler des visions des plus prodigieuses, dignes d’une créature angélique et humaine à la fois ».