POUR UNE OUVERTURE DE L’ISLAM A TOUTES LES SAGESSES ET A TOUTES LES FOIS
Le prophète Mohammed- Salut divin sur lui- appela sa religion « Islam » c’est-à-dire : soumission à la volonté de Dieu. Cette religion se distingue par deux traits fondamentaux :
-1) Elle établit un équilibre harmonieux entre la temporel et le spirituel, entre le corps et l’esprit; par là elle permet la parfaite jouissance des biens crées par Dieu, tout en enjoignant à tous, les devoirs envers Dieu: la prière, le jeune, la charité, le pèlerinage aux lieux saints de l’Islam après une foi d’acier dénonçant toute forme de paganisme.
–2) Son appel est universel : tous les croyants sont frères tous sont égaux, sans distinction de classe, race ou langue; la seule supériorité possible est d’ordre individuel: elle est basée sur la plus grande crainte de Dieu, sur la plus grande piété.
Les obligations religieuses de l’Islam unissent en elles cette double exigence envers Dieu et envers les autres hommes.
La profession de foi est l’affirmation du monothéisme le plus rigoureux : « Il n’est pas d’autre Dieu qu’Allah et Mohammed en est le messager. »
La sourate 112 » la pureté » du Coran résume cette foi :
« Dis: lui, Allah est unique »
« Allah l’absolu »
« Il n’a jamais engendré, n’a pas été non plus engendré »
« Et nul n’est égal à lui »
C’est lui qui donne un sens à la vie de l’homme et à son histoire. Il n’a pas crée l’homme sans but. » Il a insufflé en lui de son esprit » comme le précise le Coran. Il lui a envoyé des messagers pour lui rappeler » la voie droite ». Il en a fait son « Calife » sur la terre pour veiller aux équilibres de la nature et à la justice des sociétés. Il lui a donné, comme à tous les êtres, les moyens de déployer pleinement toutes les possibilités qu’il lui a données et de les développer harmonieusement. Il lui a même accordé le privilège redoutable de pouvoir désobéir.
Il rappelle constamment à l’homme qu’au delà de ses succès dans la vie immédiate d’ici-bas (richesse, honneur, pouvoir, etc …) qui ne constituent jamais un critère de la valeur et de mérite d’un homme, il existe un » jugement dernier » de Dieu qui sait tout et que nul ne peut tromper.
La prière, dont la première sourate du Coran, la « Fatiha » est l’expression la plus parfaite, est la conscience de la dépendance de l’homme, comme de toute chose, à l’égard de Dieu, le créateur. Elle montre la vanité de toute prétention à la suffisance, c’est-à-dire toute prétention à se limiter au seul pouvoir et au seul savoir de l’homme. L’homme devient impie lorsqu’il prétend se suffire à lui même. Cette prière essentielle consiste à demander à Dieu la » guidance », la » voie droite », à nous rappeler que les fins dernières de notre vie ne peuvent nous être connues que par la révélation.
La prière est aussi la demande à Dieu des forces nécessaires pour accomplir les taches qu’il nous a confiées, la force de faire émerger sous la » guidance » de Dieu qui est présent en toute chose nouvelle » ce qui n’est ni le simple produit ni la simple résultante de ce qui est déjà en œuvre dans le passé.
La prière, c’est donc l’acte par lequel l’homme, ne se fermant pas sur lui-même, s’ouvre à Dieu, et, du même mouvement, sur ses devoirs envers les autres hommes, devoirs que Dieu lui désigne et dont il lui donne la force de les accomplir. Cette force est celle d’un homme de foi, c’est-à-dire, d’un homme qui accepte de donner sa vie et sa mort pour accomplir ce à quoi Dieu l’appelle en y sacrifiant tout ce qui est simplement objectifs immédiats de l’homme : fortune, honneurs, pouvoirs, à l’exemple du prophète Abraham Salut Divin Sur Lui- » Père des croyants », sacrifiant ce qui lui est le plus cher par soumission inconditionnelle à l’appel de Dieu.
Le jeune, pendant le mois qui fut celui de la révélation, est l’acte par lequel l’homme s’exerce à s’arracher aux flux des exigences animales et à se maîtriser lui même pour être prêt à répondre à l’appel de Dieu- ce contrôle de soi, attestant la possibilité de rompre avec l’animalité des instincts, est un devoir à l’égard de nous même : » jeûner est un bien pour vous » dit le Coran dans la sourate » la vache 184, qui nous rend capables d’accomplir les taches auxquelles Dieu nous appelle.
La » Zakat » (la purification de l’avoir) intègre la vie économique à la vie de l’esprit et lie indissolublement la solidarité sociale à la foi : la justice sociale et tous les actes de notre vie qui contribuent à la réaliser, depuis le travail jusqu’à la participation politique font partie de la pratique religieuse, du culte et de la célébration.
Le pèlerinage est, lui aussi, indivisiblement, cheminement vers Dieu, et réalisation en acte de la communauté. Il exige que l’homme sache se détacher de toutes ses préoccupations et de ses intérêts immédiats pour se « ressouvenir » de la présence de Dieu au cœur du monde, et pour prendre conscience par la convergence vers la Kaaba, d’autres hommes de foi venus des confins du monde, de l’unité de la « Umma », de la communauté, par delà toutes les artificielles divisions en nation. Cette communauté, ouverte à tout les hommes est celle de la foi.
Tels sont les cinq piliers de l’Islam. La fonction propre d’un » pilier » est de soutenir un édifice : l’édifice islamique de l’ensemble des rapports de l’homme avec lui même, avec les autres hommes de Dieu, et de puiser la force d’accomplir les taches auxquelles nous appelle: la prière, la zakat le pèlerinage sont les racines dont nos actes sont les branches, les fleurs et les fruits, par lesquels se vérifient l’authenticité de notre profession de foi.
Ainsi, notre prophète parfait pratiquant de son enseignement, a légué à la postérité une religion de monothéisme pur, il a crée de toutes pièces un Etat délivré de l’anarchie et du despotisme. Il a établit une coordination harmonieuse entre le spirituel et le temporel, entre la mosquée et la citadelle, il a laissé un nouveau système de droit, qui dispense une justice impartiale, à laquelle le chef d’Etat lui même est assujetti au même titre qu’un homme du commun et où la tolérance religieuse va si loin que les habitants non musulmans du pays islamique jouissent d’une complète autonomie juridique, judiciaire et culturelle.
Quant aux revenus de l’Etat le Saint Coran en avait codifié la gestion : bien loin d’être la propriété du chef, ils servent avant tout aux classes moins aisées, pauvres ou opprimées.
Nous vivons de nos jours diverses formes de génocide engendré par la religion de l’occident. Celle-ci est la foi aveugle en un dieu caché et cruel : la croissance, même au prix des vies humaines. Ce qui caractérise le culte de ce faux dieu, c’est qu’il exalte la suffisance de l’homme la transcendance de Dieu et l’individualisme contre la communauté.
Cette « religion » des moyens » érigeant des moyens en fins en soi, c’est-à-dire créant de faux dieu : science, technique, nation, argent, sexualité, croissance, a crée un nouveau polythéisme et de nouvelles superstitions, transformant la science en scientisme, la technique en technocratie, la politique en machiavélisme.
Le problème fondamental est donc de redonner à l’homme ses dimensions proprement humaines : la foi dans la transcendance de Dieu, dans la communauté humaine et la conscience de notre responsabilité ; responsabilité collective de surmonter les deux obstacles internes principaux au rayonnement actuel de l’Islam à savoir : le triomphalisme ou la prétention mortelle d’avoir des réponses toutes faites d’une part et la suffisance et l’ignorance des autres d’autre part.
L’Islam ne peut aujourd’hui reprendre sa marche que par son ouverture à toutes les sagesses et à toutes les fois, qu’il peut rassembler.