Cheikh Tahar Badaoui – الشيخ الطاهر بدوي

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نفع الخلق والدفاع عن الحق بالحق

Événement

PARMI LES NOBLES RESULTATS DE L’HEGIRE

2°) Par l’Emigration, un nouveau destin de l’Islam

  1. Premier édifice de l’Islam Mosquée de Qouba

Le Prophète s’occupa aussi à poser les fondations d’une Mosquée – la première de l’Islam – et laissa le soin de l’achever à Amar fils de Yasser, dont les parents furent les premiers martyrs de l’Islam. Cette Mosquée reçut le nom de « At-Taqwa » c’est-à-dire la Mosquée de « la crainte de Dieu », c’est d’elle qu’il est question dans ces Versets : « Il en est qui ont édifié une mosquée, agissant par haine et impiété, et se proposant d’en faire un tison de discorde entre les fidèles. Ne l’offraient-ils pas en repaire à ceux qui naguère, avaient combattu Dieu et son prophète ? Ils protesteront avec force de leurs bonnes intentions. Mais Dieu est témoin qu’ils mentent effrontément. Prend garde de prier en ce lieu maudit ! Car il est un autre édifice assis dès le premier jour sur la piété, et autrement plus digne pour que tu y célèbres l’office. C’est là que se rendent ceux qui mettent la pureté par dessus tout. Ceux qui recherchent la pureté sont toujours aimés par Dieu ». (Sourate dite : « le Repentir »Versets 107-108).

Le Saint Coran ne cesse d’éveiller la conscience des fidèles musulmans et de les prévenir contre les rivalités de leurs ennemis. En effet, le Verset 107 sus-visé fait état d’une mosquée rivale construite par certains hypocrites lors de l’absence du prophète, occupé dans la bataille de Tabouk, dans l’Arabie de l’extrême Nord qu’il dirigeait en l’an 9 H contre le territoire Byzantin où l’on avait assassiné un ambassadeur musulman. Au retour, le Saint Prophète ordonna d’incendier cette mosquée rivale qui fut construite seulement dans le but de semer haine et doute, dans les esprits des musulmans, et se réserver ainsi une zone d’influence.

La longueur de l’Edifice sacré mesurait cent coudées, et sa largeur était un peu moindre. Trois portes y donnaient accès, et la principale fut désignée sous le nom de  » bab-ar-Rahma  » ou porte de la miséricorde. Le “Minbar”, ou chaire, était formé d’un simple tronçon de palmier, sur lequel montait le Saint Prophète pour prêcher. On voit combien cette première Mosquée, analogue à celles des plus pauvres villages sahariens, était loin de ressembler aux merveilleux édifices qui devaient bientôt être élevés pour le culte de l’Islam.

Les Mosquées de l’époque étaient extrêmement simples et n’avaient point les accessoires que les bâtisseurs ont conçus les tous derniers siècles. L’attention du Saint Prophète et de Ses compagnons était plutôt retenue par la purification des coeurs et l’embellissement des intentions. C’est ainsi que les murs de la Mosquée ne dépassèrent guère la taille d’un homme ; au dessus des murs, on étendait une ombrelle qui abritait contre la chaleur.

Il  convient de souligner ici qu’il n’est guère étonnant que la mosquée représente le premier et le plus important pilier de la société musulmane, parce que celle-ci, n’acquiert stabilité et raffermissement de sa foi en Islam que de l’inspiration que procure la mosquée.

Le lien de fraternité et d’amour qui unit les Musulmans demeure à sa base dans l’éthique de l’Islam, mais la propagation de cet amour ne peut s’accomplir que dans l’enceinte de la Maison de Dieu. Si par exemple les Musulmans ne se rencontraient tous les jours et à plusieurs reprises dans les mosquées où s’estampent les différences de fortune et de rang social, ils ne pourraient jamais établir entre eux un lien de fraternité et d’entente. Une vie paisible et de quiétude serait fort impossible à imaginer encore plus à réaliser.

L’éthique de l’Islam appelle à ce que règne l’esprit d’égalité et de justice entre les Musulmans, mais cela ne peut s’accomplir si les Musulmans ne se retrouvaient pas en rangs, chaque jour dans les mosquées pour prier le Seigneur ; Gloire à Lui Seul. Si chaque Musulman restait chez lui à faire ses adorations et se prosternait devant Dieu, la société ne verrait jamais le triomphe des principes de l’égalité et de la justice sur l’égoïsme, l’orgueil et la vanité.

Par conséquent, grâce à ces principes immuables de solidarité et d’union que l’édifice de la Communauté musulmane se trouve protégé de toute démolition, de tout dépérissement, et garde ainsi sa beauté physique, morale et spirituelle et assure sa pérennité dans le temps par la persévérance, l’abnégation, le sacrifice de ses fidèles vis-à-vis de la propagation de sa mission ça et là dans le monde. C’est dans ces mosquées que les Musulmans apprennent leur religion, et s’empreignent de ses trois dimensions à savoir : dogme, législation et valeurs morales.

C’est pour la réalisation de ces concepts que le Vénéré Prophète Salut Divin Sur Lui, a pris l’initiative de la construction de Sa mosquée.

Pour ce qui est du renforcement des fondations des mosquées, l’ensemble des savants l’approuvent, en s’appuyant sur les travaux de consolidation effectués par les deux Emirs ‘Umar et ‘Uthman, que Dieu agrée leur noble âme. Ils s’appuient également sur le Verset 18 de la Sourate dite « Le Repentir » ou dite : « At-Tawbah » qui rendant hommage aux fidèles du devoir, aux adeptes de la droiture, aux amoureux de la vertu, précise : « Ne peupleront les Mosquées, que ceux qui croient en Allah, et au Jour dernier, accomplissent la Prière, s’acquittent de l’Impôt cultuel, Zakat et ne craignent en définitive qu’Allah.  Ceux-là seront certainement du nombre des biens guidés. » Et la fréquentation de celles-ci, présuppose évidemment leur construction, leur restauration et leur entretien.

Quant à l’ornementation et la décoration par des motifs ciselés, les savants sont tous unanimes à dire que cela n’est pas aimé ; certains d’entre eux vont cependant jusqu’à l’interdire purement et simplement d’autant plus, si elle se traduit par certaines contradictions, sociales notamment : dépenser des fortunes pour embellir les murs alors que la population mitoyenne souffre de la malnutrition, de l’ignorance, du chômage, de la maladie, des aléas du vice etc.

En ce qui concerne l’écriture d’un Verset coranique dans la Qibla (lieu ou prie l’Imam), la position des ‘Ulémas est divergente. Certains s’y opposent, d’autres le permettent en raison de ce que le Calife ‘Uthman, que Dieu agrée son âme, a fait dans la Mosquée du Prophète, Salut Divin Sur Lui sans avoir provoqué de refus de la part des fidèles, dont la plupart furent jadis des Compagnons du Prophète.

Il y a lieu de signaler d’autre part qu’à la première prière du vendredi, effectuée pour la  première fois, et dans la première Mosquée dite « Mosquée de la Piété », notre Vénéré Prophète Salut Divin Sur Lui, prononça un discours des plus éloquents, plein d’amour et de pardon, incitant les fidèles à l’union et à la fraternité, mettant à bas les querelles et animosités de jadis en vue d’édifier le nouvel Etat, sur la base d’une justice sans précédent et d’une égalité exemplaire entre les hommes.

Cette allocution se présente comme suit :

« Grâce à Dieu, je Le remercie, je sollicite Son aide, Son pardon, Son initiation, j’y crois et ne Le nie pas. Je suis l’ennemi de celui qui Le nie, et je témoigne qu’il n’y a pas de Divinité suprême que Allah, le Bon Dieu, Seul et Unique, sans partenaire ni associé avec Lui ; et que Mohammed, est  Son esclave et Son Emissaire qu’Il a envoyé pour l’Initiation, la Lumière et le bon Conseil à défaut d’Emissaires et manque de connaissances et de savoir, d’égarement de gens, d’interruption du temps et d’approchement du jour du Dernier Jugement. Celui qui obéît au Seigneur et à Son Emissaire trouve le bien et celui qui leur désobéît prêche et tombe dans la perdition et le pire égarement. »

« Je vous conseille la piété et la bonne foi au Seigneur, Gloire à Lui Seul, et c’est le meilleur conseil que peut donner un musulman à un autre, et de le rappeler de l’autre Monde et l’ordonner à pratiquer la piété, et d’éviter tout ce que le Bon Dieu ordonne d’éviter, et c’est le meilleur conseil. La piété du Seigneur, est la meilleure des qualités pour ceux qui veulent la récompense dans l’autre Monde. Et celui qui instaure la paix avec le Bon Dieu en secret et en public, ne voulant pas que sa satisfaction, l’aura comme renommé à présent et un trésor pour l’avenir après la mort. Le Bon Dieu est Clément et Miséricordieux vis-à-vis de Ses créatures. C’est Lui qui a dit : « La parole ne se change guère chez Moi et je ne suis point injuste ou oppresseur contre les créatures. » (Sourate dite «Qāf » Verset / 29).

« Pratiquez la piété envers le Seigneur, à présent et à l’avenir, en secret et en public. Et celui qui obéît sera absout de ses péchés et bien récompensé. La piété envers le Bon Dieu épargne Sa colère, procure Sa satisfaction, embellit les visages dans l’Au-delà, élève les âmes des fidèles aux rangs les plus hauts, et garantit à ses adeptes un bien être équilibré d’ici-bas. Prenez vos chances et ne négligez point vos devoirs envers le Seigneur, qui vous a enseigné Son Livre, et tracé Son chemin, afin de discerner les humbles dévots des menteurs. Faites le bien, comme Il vous l’a fait. Soyez ennemis de Ses ennemis, et luttez pour Celui qui vous a choisi et vous a nommé « Musulmans ».

« Pas de puissance qu’à Dieu. Multipliez Lui les prières et faites pour l’avenir. Et celui qui vit en paix avec le Bon Dieu, Il le préservera de tous les maux, car c’est Lui qui juge et gouverne les gens ; ceux-ci ne peuvent le gouverner. Il possède les gens alors que personne ne Le possède, Allah est le plus Grand et point de puissance qu’à Lui, Gloire à Lui Seul. ».

Il résulte de cette allocution bénie que l’Emissaire de Dieu, Salut Divin Sur Lui n’a guère fait allusion au comportement perfide, mesquin et sauvage des païens de la Mecque à Son égard et vis-à-vis de Ses compagnons ni à leur entêtement et à leur persévérance dans l’athéisme et leurs attentats contre les musulmans d’alors encore moins au complot infâme, qu’ils ont tissé pour Le tuer. Rien de tout cela ; il s’est restreint dans Son discours à inciter les Musulmans à pratiquer la piété et leur invoquer le Bon Dieu et de les rappeler à Le prier toujours. N’est ce pas la preuve tangible et l’expression de la haute civilité et du plus haut degré de la patience et de la sagesse dont jouit notre Prophète à l’instar des autres vertus qu’on ne peut énumérer ? Un autre que l’Emissaire de Dieu, aurait cité sans hésiter les défauts de ses ennemis, car ce sont eux qui l’ont opprimé et se sont constitués en obstacle entravant Ses efforts d’information et de diffusion de Son Message que Dieu lui a confié.